John Irving // La Quatrième Main (2001)

La vie du journaliste Patrick Wallingford, bel homme à la nonchalance parfois grossière, change du tout au tout lors d’un reportage : il se fait dévorer la main par un lion devant une caméra de télévision. Il accepte courageusement de subir une greffe. Mais, dans le monde de John Irving, les choses ne se passent jamais comme on le souhaiterait…

Quatrième de couverture

Reconnu dès la parution de ses premiers romans, surtout suite au  Monde Selon Garp en 1978, John Irving nous prouve ici, vingt et un ans après, qu’il mérite le statut de “l’un des auteurs américains les plus importants de sa génération“.

Rassemblant ses thèmes de prédilection : le sexe (surtout la recherche de passion d’un homme pour une femme plus âgée tout en sachant que cette aventure n’est pas faite pour durer), la paternité existante, perdue ou espérée, la course après l’amour réciproque, la recherche d’un cocon familial rassurant et stable, l’humour noir et grinçant dans lequel nous nous reconnaissons vis-à-vis du comportement humain (qui pourtant est aussi parfois le nôtre). Dérision et autodérision. Humanité et justesse tout simplement.

Un autre thème présent chez l’auteur américain : la médecine et les avancées médicales plus ou moins controversées. On se souvient du médecin accoucheur dans L’Oeuvre De Dieu, La Part du Diable, ici il est question d’un chirurgien aux débuts de l’histoire des greffes. L’auteur voit en ces hommes, en ces statuts, des magiciens qui peuvent changer une vie et même une époque en se battant non pas pour la morale conservatrice américaine mais pour l’Homme.

Main greffée, main d’un autre. Un autre marié, aimé d’une femme. Une femme qui aime encore la main, mais qui ne peut aimer l’homme qui désormais la détient. Un Patrick qui pert la main, qui donne un peu trop d’occasions d’être père, qui veut un amour qu’on lui refuse, car après tout sans la troisième main qu’a-t-il de l’homme antérieurement aimé ? Sa quatrième main, c’est celle qu’il n’a pas, celle qu’elle lui imaginera.

J’ai beau être une admiratrice inconditionnelle de Monsieur Irving, je dois avouer que même si ce livre m’a happée, il m’a laissé un sentiment de frustration. Lui qui d’habitude prend le temps d’installer les situations, de décrire les changements de relations avec un rythme parfait, nous sommes ici face à une cadence qui ne trouve pas sa vitesse de croisière : trop rapide ou trop lent, on ne savoure pas comme pour d’autres œuvres (notamment Le Monde Selon Garp ou Une Veuve De Papier). Cependant la verve et l’originalité du sujet sont toujours présentes et l’on esquisse bien plus d’un sourire (sincère comme ironique), en particulier lors des épisodes sentimentaux entre le médecin et sa bonne, leur culte du corps et leurs passions étranges (voudriez-vous un bol de graines ?).

A découvrir, mais pas comme le meilleur enfantement de John  Irving.

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