Swallow The Sun // New Moon

Swallow The Sun est l’un de ces groupes qui a le potentiel des plus grands, mais dont on ne parle décidément pas assez. C’est l’un de ces groupes que l’on découvre souvent par hasard, lors d’une virée musicale sur le web ou chez le disquaire du coin et qui nous prouve sans attendre qu’une fois de plus la scène finlandaise a encore de quoi nous complexer.

C’est formé depuis dix ans que le sextette nous fait don de ce Death Doom si particuliers, à la fois sombre et pourtant si mélodique, entre jour et nuit, entre lumineux et obscur, en sensation d’éclipse, en suspens avant que le soleil ne soit avalé. Le cinquième album du groupe, New Moon (2009), regorge de nombreux petits bijoux qui font sans peine penser à certains maitres du genre tels que My Dying Bride (si l’on prend la seconde période de la formation), sur un titre comme Falling World, ou encore le spectre d’un petit Anathema (ou encore de la formation Antimatter qui leur est proche) au niveau de la douceur de la mélodie de Lights On The Lake (Horror Pt. III), sans compter sur la fragilité du chant féminin. Les références mises de côté, nous sommes forcés de constater que cette voix féminine n’ajoute pas spécialement de pathétique au titre comme à l’album et que le chant de Mikko Kotamäki se suffit très bien à lui-même. N’ayant rien à redire au niveau de la voix masculine heureusement largement dominante, il est temps de mettre l’accompagnement en lumière. A vrai dire, autant faire simple, tout fonctionne. Les morceaux s’enchainent sans aucun problème, les guitares sonnent à nous fendre le cœur, à nous tordre les tripes dans une sorte de ronde brûlante et rapide que l’on suit dans une étrange sorte de transe, comme dans la folie des danses macabres. Le côté mélodique reste discret, modeste, humble et ne nous fait subir aucune envolée lyrique, ce qui est très appréciable. En somme la musique du groupe est un agréable Death Doom mélodique, usant des codes de l’extrême comme il se doit, mais gardant un côté très abordable.

Pour ce qui est du fond, les thèmes abordés dans New Moon ne seront en rien une surprise, que ce soit sur le sujet de la perdition, de la trahison ou de l’éphémère. Ils laissent une énorme place à l’eau, dont on peut faire resurgir les symboliques de la source de la vie d’un bord, comme de la dissolution et du déluge de l’autre. Il y a ainsi une mise en place de paradoxes, de vas et viens entre une sorte de positif et de négatif sur plusieurs symboles. Commençons par l’eau qui est prédominante et qui plus est passionnante, elle est illustrée par les lacs (Sleepless Swans, le troisième morceau de l’album ; Lights On The Lake, le cinquième), par la noyade également, notamment à travers une métaphore dans le dernier morceau, Weight Of The Dead : « Dans mes propres mensonges je me noie ». Ainsi le groupe baptise New Moon sous le signe du flux, de la grâce, de la régénérescence, voire de la purification. Ce qui fait écho d’ailleurs à la symbolique du soleil, qui n’est pas non plus étrangère au groupe, au travers de l’évocation de la vie, de la mort et de la renaissance, le mouvement perpétuel. Enfin, l’agonie, l’élévation avant le moment fatidique est aussi mise en avant, les regrets et les remords, les douleurs et les maux de l’âme mis sur papier et dans la voix. Un tombeau laisse planer son ombre sur la majorité des compositions.

Demain sera pire.

85/100

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